dimanche 21 avril 2013

De Calgary au Yukon



Avec l’arrivée du printemps (sur le calendrier, pas en vrai), la malchance a cessé de me poursuivre et les choses se sont enfin améliorées… Et pour bien entamer la nouvelle saison j’ai fait un petit voyage dans le « sud », à Calgary !

Je n’aime pas les grandes villes et je n’aime pas Calgary, alors pourquoi aller là ? Pour me trouver un nouveau compagnon de route, une nouvelle voiture ! Au Yukon, les bonnes affaires sont rares, voire inexistantes, et après deux mois sans voiture, je ne pouvais pas me permettre d’attendre des mois pour qu’une bonne affaire se présente. Alors j’ai pris l’avion pour Calgary, après tout au Texas du Canada les véhicules sont quasiment plus nombreux que les humains ! Évidemment c’était le même scénario que d’habitude : petite Sylvie débarque de l’avion et commence par avoir un accès de panique (ou presque) en voyant les innombrables personnes et voitures sur les routes, le trafic chaotique et les autoroutes à 4 voies. Pas facile. Mais finalement mon séjour à Calgary s’est passé sans accident (c’est que la malchance m’avait vraiment quittée) et oui, j’ai trouvé une belle petite voiture pour Remplacer Bill. Une magnifique Subaru bleue. Son nom est Elfie (court pour Eleftheria, « liberté » en grec) et elle va à merveille !

Une fois toutes les formalitées réglées et Elfie baptisée, j’ai pris la route vers le nord en passant par les Rocheuses : Canmore, Banff, Jasper. C’était étrange de retracer mes pas d’il y a deux ans et de revoir tous ces paysages sous la neige et sans tous les touristes. Même sous la neige, les Rocheuses restent très belles. En quittant Jasper, j’ai rencontré un loup. Il était assis au bord d’un lac à 100m de la route, je ne voyais que lui, mais je pouvais entendre le reste de la meute hurler autour. À partir de là, j’ai pris une route que je ne connaissais pas encore. Au lieu de partir vers l’ouest et le BC, je suis partie vers l’est et les plaines de l’Alberta et j’ai longé les Foothills vers le nord, jusqu’à Grande Prairie en Alberta. J’avais prévu d’y passer la nuit, mais Grande Prairie n’est réellement qu’une ville de pétrole et absolument hideuse : les dédales cauchemardesques de banlieues américaines, d’énormes boulevards sur lesquels ne circulent que des gros pickups neufs et qui sont bordés de centres commerciaux, rien à taille humaine, rien de beau en vue, que les nuages dans le ciel. Bref, j’ai vite fait de traverser Grande Prairie et de partir vers l’ouest et le BC. Ça a fait du bien de laisser l’Alberta derrière moi et d’arriver à Dawson Creek. Pas très beau non plus, mais bien plus supportable. 

Dawson Creek en Colombie Britannique marque le début de l’Alaska Highway, au bord du quel je vis, plus de 1 400 km plus loin au nord-ouest. Et avec une petite tempête de neige pour bien commencer mon voyage sur l’Alaska Highway, c’était comme de rentrer à la maison ! Lorsque les conditions de route se sont tellement dégradées que je passais des véhicules dans le ditch aux 10 minutes, je me réjouissais un peu moins de la météo. Mais Elfie était bien bonne, tenue de route impeccable ! Au bout de quelques heures le soleil est réapparu et on a pu continuer la route vers les Rocheuses du Nord et jusqu’à la petite halte routière à Toad River dans les montagnes. Ce bout de route s’est avéré très intéressant… À serpenter entre les montagnes, devenant très étroite par endroits, longeant falaises escarpées et lacs, cette route me faisait penser à une petite route de montagne en Europe, plutôt qu’à la voie d’approvisionnement principale d’un territoire canadien. Et on s’étonne que le Yukon puisse si facilement être coupé du monde extérieur ! On dit que ça prit 3 ans pour construire cette route et 49 ans pour la réparer… Chapeau aux camionneurs et aux travailleurs qui entretiennent cette route !

Mon dernier jour sur la route a été long, mais très beau ! J’ai quittée Toad River et son plafond rempli des casquettes tôt le matin pour arriver bien vite aux Liard Hot Springs. Un petit bout de paradis sur terre ! En plein milieu de nulle part, au bord de l’Alaska Highway, on se rend aux hot springs en traversant la forêt et un marais sur une passerelle en bois. 500m plus loin, on arrive aux bassins naturels des hot springs alimentés par une petite cascade de laquelle s’écoule une eau merveilleusement chaude. Le seul défi, c’est de se changer dans les cabines en bois (non chauffées bien sûr) par des températures sous 0°C. Mais croyez-moi, ça en vaut amplement la peine !! Quitter ce merveilleux endroit est un défi aussi…

Plus loin sur l’Alaska Highway, j’ai fait connaissance des « Alaska Highway Speed Bumps » : des bisons sauvages qui adorent passer leur temps à côté et sur la route sur 200 km. Là, il faut prendre les panneaux d’avertissement au sérieux, ce n’est pas une question de « si on va en voir », c’est une question de « si on va les voir à temps ». Ils étaient nombreux et j’ai même eu la chance de voir un nouveau-né, mais j’étais soulagée aussi dès que j’avais traversé la zone où on trouve les bisons. Et puis j’ai fini arriver au Yukon et à Whitehorse ! 2 581 km et Elfie n’a montré aucun signe de faiblesse ! Mars l’a adoptée aussi et moi, il me reste plus qu’à m’habituer à un véhicule où tout fonctionne !


dimanche 31 mars 2013

Un autre hiver de passé !



Sur le calendrier, c’est le printemps, mais dehors, tout est encore blanc… Au Yukon, on est encore loin de voir les premières fleurs et feuilles montrer le bout de leur nez, mais le soleil est déjà bien chaud, les journées se rallongent rapidement et tout doucement la neige fond. Cet hiver touche à sa fin et quel hiver ça a été ! C’était un hiver rempli d’aventures et de mésaventures…

En octobre, la végétation commençait à disparaître sous un manteau blanc et en novembre le grand froid nous est tombé dessus avec ses -40°C et là, les choses ont commencé à devenir difficiles. Vous pouvez probablement vous imaginer que tout est véhicule est passablement mécontent quand il doit démarrer par de telles températures, même mon fidèle Bill. Mais mon cher Bill a décidé de ne plus démarrer avant même qu’il ne fasse aussi froid (il l’a vu venir…) et j’ai dû m’en passer pendant un certain temps. Heureusement, il y a eu mon petit voyage en Europe pour me changer les idées. Mais il s’est vite avéré que mon ce voyage n’allait qu’être un petit entracte… 

Dès mon retour au Yukon, les (més)aventures ont repris de plus belle. À nouveau Bill ne démarrait pas et une semaine après avoir installé une nouvelle batterie, il a décidé de crever, pour de bon. Maintenant il est mort et en pièces, paix à son âme rouillée. Mars, lui, a décidé de mettre un peu de piment dans ma vie aussi. Je n’entrerai pas dans les détails de sa première disparition, ni de la fois où il s’est dit qu’une roche ça pourrait être bon à manger, mais la fois il est allé disparaître à côté d’une tanière de loups pendant plusieurs heures, je peux vous dire que j’ai un peu paniqué ! Peut-être craignait-il se faire atteler à un traineau pour remplacer Bill. En même temps, il y a d’autres incidents plus ou moins plaisants, tels que la fois où j’ai perdu mon appareil photo (retrouvé 3 semaines plus tard), ou la fois où j’ai reçu un colis de France avec les trois quarts de son contenu en moins (ah, les gars des douanes canadiennes ont dû se faire un sacré apéro avec tous mes saucissons !) et la fois où même la voiture que les voisins me prêtaient ne démarrait plus, j’ai compris que l’univers m’en voulait ! 

Mais bien sûr, ce n’était pas la fin, non, non, il y a trois semaines l’univers a décidé de me planter une bonne grosse cerise sur mon gâteau de mésaventures hivernales... Il y a cette belle pente qui se termine sur un lac près de chez moi. Elle est parfaite, pas d’arbres, pas de roches, rien qu’une belle étendue de neige dégagée. Rien de mieux pour quelques bonnes glissades et se remonter le moral ! Alors moi, qui ressentais un besoin très fort de me remonter le moral, j’ai pris autant d’élan que possible avant de me lancer sur le ventre, la tête à l’avant sur mon Crazy Carpet. Ah et quelle belle descente c’était ! Je filais à toute vitesse et hurlait et riait, quand soudain, j’ai vu le gros labrador de mes voisins venir vers moi au grand galop et BAM !!! Sylvie elle est par terre et elle a des étoiles qui lui tournent autour de la tête. Bref, j’ai eu une bonne commotion cérébrale et pendant deux semaines, mes capacités cognitives étaient comparables à celles d’un zombie. Et puis vous êtes déjà allé aux urgences vous, avec une commotion cérébrale causée par une collision avec un chien ? Je n’oublierais jamais la tête que le médecin a faite !

Rassurez-vous, j’ai passé bon nombre de bons moments aussi. J’ai eu de la visite très apprécié du Québec et plus tard de l’Alberta et d’Allemagne. Tous ces charmants visiteurs étaient aussi une bonne excuse pour se balader et faire des road-trips et vous savez bien à quel point j’aime être sur la route. On est allé à Kluane, Atlin, Carcross, Skagway, Dawson et bien sûr aussi sur le magnifique Dempster Highway que je découvrais en hiver. Et puis il y a eu la Yukon Quest en février, qui une fois de plus était une superbe aventure ! Mars s’est fait pardonner aussi en m’apportant un délicieux souper un soir (une perdrix). Et finalement il y a eu notre rituel annuel : Burning Away the Winter Blues. Un évènement lors duquel les habitants de Whitehorse se réunissent autour d’un grand feu pour dire adieux à l’hiver et brûler tous leurs soucis de l’hiver (je peux vous dire, que je suis arrivée là avec les poches pleines de petites notes à jeter dans les flammes !). Maintenant, on attend le printemps et moi, je pars pour une nouvelle aventure…


vendredi 22 février 2013

lundi 18 février 2013

Tour d'Europe



Cet hiver encore, comme à chaque année depuis que je suis au Canada, je suis allée faire un petit tour en Europe. Mais pour changer un peu des habitudes, cette fois-ci j’ai surtout voyagé.

Mon voyage a débuté dans un minuscule village du nom de Chapelle-des-Bois dans le Jura en France. C’est tout petit, il n’y a pas grand monde et il y a des arbres et des montagnes partout autour ! Et évidemment, il y avait de la neige aussi. Alors pourquoi aller là ? Ça peut paraître étrange comme destination de voyage en Europe, quand j’ai déjà tout ça à longueur d’année au Yukon… La réponse est simple : le comté !! Le Jura est le pays du comté (le meilleur fromage qui soit, à mon avis, si vous n’en avez jamais mangé, vous avez manqué quelque chose !) et il n’y a pas meilleur endroit pour en déguster trois fois par jour ! Et oui, il y est déjà servi au petit déjeuner avec du morbier bien sûr aussi. Et je ne vais pas vous parler du repas divin qu’est une fondue jurassienne (au comté) ! Bon à part le fromage, le Jura c’est aussi très beau et Chapelle-des-Bois très mignon, je l’admets ;)

Après quelques autres étapes rapides en France et en Allemagne, je me suis envolée pour la Roumanie. Cela faisait quelques années que j’avais pensé y aller et finalement, ça s’est fait ! La Roumanie a été une très belle surprise. J’avais entendu parler de la beauté du pays auparavant, mais c’était encore plus beau que ce que je pensais. J’ai passé une bonne partie de mon temps dans la belle ville médiévale de Brasov en Transylvanie. Des maisons anciennes, très colorées et à l’architecture riche et variée.

Pas très loin de là se trouvait le village de Bran avec le château du même nom. En Roumanie, le château de Bran est officiellement nommé le château de Dracula. Mais en réalité, le château n’a rien à voir avec Dracula. Il a été habité par des nobles et finalement par la famille royale depuis le Moyen-Âge jusqu’au siècle dernier. Le château a donc constamment été rénové et entretenu et ne ressemble que peu aux vieilles ruines auxquelles on associe des créatures telles que Dracula. Quant à Dracula lui-même et bien les deux hommes ayant inspiré cette histoire à Bram Stoker n’étaient que de passage dans le château au 15è siècle. Il s’agissait d’un noble roumain, Vlad, qui fut nommé Vlad Dracul (= « dragon », parce qu’il faisait partie de l’Ordre des Dragons, un ordre crée du temps des croisades contre l’Empire Ottoman) et de son fils Vlad Tepes (= « l’empaleur »). Le nom vient du père, Vlad Dracul, la légende vient du fils, Vlad l’Empaleur qui été réputé pour ses actes sanglants envers ses ennemis (tout est dans le nom). Enfin voilà l’histoire en bref…

Autant le château de Bran est beau de par sa simplicité, autant le château Peles à Sinaia éblouit par son opulence. Le château construit à la fin du 19è et au début du 20è siècle par le roi Charles I est reconnu comme l’un des plus beaux châteaux au monde (le 7è paraît-il). Et pour cause ! Aucune pièce, aucune porte, aucun meuble de ce château n’a pas été travaillé dans le moindre détail et n’est pas une œuvre d’art. Malheureusement, prendre des photos de l’intérieur du château est payant, mais croyez-moi si je vous dis que l’intérieur de Peles est d’une beauté telle, qu’on en reste bouche-bée ! Chaque pièce a été faite dans un autre style (baroque, rococo, renaissance italienne, fumoir turque…), d’autres couleurs et ornée d’œuvres d’art de partout en Europe. On en veut souvent aux riches, mais en voyant cela on ne peut qu’être content qu’il y en ait, sinon de telles merveilles n’auraient jamais été construites !


vendredi 14 décembre 2012

L'automne au Yukon



Très vite après le petit road trip de cet été est arrivé l’automne. En fait il avait déjà commencé. La neige tombait sur les montagnes alentours et il faisait de plus en plus froid. Les paysages devenaient vibrants des couleurs éclatantes de la végétation automnale. Les trembles jaunes vifs, les rosiers multicolores, le bouleau nain rouge sang… Et il n’y a rien de tel que la vue de majestueuses montagnes vêtues d’un manteau de velours rouge et saupoudrées de la plus blanche des neiges !

Alors en automne aussi chaque sortie en vaut la peine au Yukon ! J’ai retrouvé mon petit train-train quotidien et mon travail de bureau pour un moment. Mais déjà à la fin septembre, je suis repartie à l’aventure ! Cette fois, c’était pour un contrat de biologie. Oui, vraiment de la biologie !! Pour la première fois depuis mon départ de l’Abitibi, j’allais faire de la biologie. Il s’agissait de passer quelques jours sur une rivière, la McQuesten, dans le nord du Yukon pour prendre des échantillons génétiques sur une espèce de saumon, le Chum Salmon. 

On était deux biologistes et on allait passer quatre jours à navigues sur la rivière en zodiac, d’un petit pont où la McQuesten mène à peine assez d’eau pour y mettre un zodiac jusqu’à son embouchure où elle se jette dans la grande Stewart River (en Europe on l’appellerai un fleuve). Chaque jour on était sur la rivière du lever au coucher à scruter les flots pour essayer de voir des saumons. Parfois on accostait pour aller explorer les bras morts de la rivière (le Chum préfère les eaux calmes pour la fraie) et pour se réchauffer un peu. Être assis toute la journée dans bateau dans le nord du Yukon à la fin du mois de septembre, c’est pas pour les frileux ! Chaque nuit, on campait en forêt proche de la rivière. En général on était assez bien installé dans un tapis de mousse à l’abri sous de grandes épinettes blanches. Et parfois, on avait une belle vue aussi. Évidemment, on se faisait vraiment plaisir aussi avec un beau feu, un peu de musique, de la bonne bouffe et du Scotch ! De superbes soirées ! 

Un soir on a fait une découverte intéressante, alors qu’on commençait à cuisiner je suis allée voir une petite clairière à quelques mètre de là pour monter ma tente. Mais c’était assez étrange, il y avait comme un creux au milieu dans la mousse et tout autour il y avait 20 à 30 crottes rouges et oranges, des grosses et des petites, des anciennes et des fraîches… Vous devinez ce que c’est ? Une « tanière » d’ours avec une maman ours et au moins un petit ! On était épuisées, il faisait presque noir et ça allait prendre du temps de tout remballer et d’aller trouver un autre site pour notre camp, mais ça n’aurait pas été très sage ou rassurant de passer la nuit-là. On a plié bagages et on est allé aussi loin que possible pour ne pas risquer de tomber sur la famille d’ours. 

Il y avait des traces d’animaux sauvages partout : loups, grizzlys, orignaux, castors, etc. Mais nos saumons on avait du mal à les trouver et là, finalement le troisième jour on en a vu un dans le fond d’un bras mort de la rivière. On l’a sorti de l’eau mesuré, examiné, pris l’échantillon et remis à l’eau et puis on est allé chercher les autres. Quand il y a un saumon sur un site de fraie, il y en a toujours d’autres… Normalement ! On n’a jamais trouvé d’autres saumons, cette femelle avait été le seul individu de sa population à s’être rendue jusque-là. Où étaient les autres ? Ça reste un mystère… Mais j’en ai appris un peu plus sur le saumon et sur la fraie. Le saumon du Pacifique meurt après la fraie, c’est bien connu. Mais en fait, au moment de la fraie c’est déjà un cadavre, il lui reste juste assez de force pour faire ce qu’il a à faire ou pas. Les saumons, après avoir remonté fleuves et rivières sur plus de 3000 km depuis le Pacifique, quand ils arrivent sur leur site de fraie, sont ce qui se décrit le mieux comme des zombies. Ils sont à moitié en décomposition, recouverts de champignons mangeurs de chair, ils ont des plaies ouvertes desquelles s’écoule du sang, ils sentent comme des cadavres en décomposition et ont à peine encore assez de force pour bouger. Rien de romantique à tout cela…

Après les quatre jours sur la rivière sans avoir vu d’autres êtres humains ou de signe de civilisation, on est finalement passé sous le pont du highway et on a vu des campeurs, c’était fini les vacances ! Ces quatre journées là avaient été très relaxantes, mais notre descente sur la rivière s’est terminée juste à temps. Quelques heures après avoir quitté la rivière il y a eu une tempête de neige et le lendemain, le 1er octobre, tout le Yukon a été pris dans cette première petite tempête. 

Avec la neige du 1er octobre l’hiver s’est clairement annoncé et seulement deux semaines après, l’hiver était réellement là avec des températures entre -20 et -30°C, qui ont chuté à -40°C en novembre. Maintenant la neige est profonde, les nuits sont longues et glaciales, les jours sont courts et le jour n’est plus qu’un fantôme, le soleil à peine visible au-dessus de l’horizon…


dimanche 28 octobre 2012

Yukon Road Trip - Part 3



Le départ de Haines s’est fait par la mer : on a pris le ferry pour remonter le Lynn Canal jusqu’à Skagway, Alaska. C’était une très belle petite croisière d’une heure et demie, agrémentée par une agréable petite brize maritime… À peine avait-on quitté Haines, le vent est devenu si fort que tout le monde est allé se réfugier à l’intérieur. Il ne restait que moi et un grand monsieur barbu à la proue du SS Malaspina. Le vent était si fort (je me tenais à la rambarde pour ne pas m’envoler) et si froid (mes doigts ont gelé en quelques secondes) qu’il était difficile de rester dehors, mais c’était si vivifiant !! Le monsieur et moi, on gelait, mais qu’est-ce qu’on s’amusait ! Malheureusement ça s’est terminé bien vite et tout le monde est ressorti pour profiter de la belle vue.

Arriver à Skagway par la mer en été, c’est intéressant… Skagway est une ville minuscule, faite uniquement de petites maisons à deux, maximum trois étages. Mais en été, chaque jour la ville est assaillie par des milliers de touristes qui arrivent à bord d’immenses bateaux de croisière. Quand on arrive par la mer, c’est la première chose qu’on voit : des monstrueuses villes flottantes. Durant notre court séjour à Skagway on a beaucoup flâné sur Broadway, LA rue touristique de la ville, on est allé prendre un verre au Red Onion Saloon, un ancien bordel, on est allé découvrir le Lower Dewey Lake et on a assisté à la Days of ’98 Show, un spectacle cabaret relatant l’histoire extraordinaire de Soapy Smith, un arnaqueur hors pair de l’époque de Gold Rush. Le spectacle était bien fait, mais évidemment c’est le personnage et son histoire qui rendent ce spectacle inoubliable ! Oui, et il y aussi le fait que je me suis fait trainer sur scène pour danser le cancan qui rend ce spectacle inoubliable (lire : traumatisant). 

Malheureusement, la météo à Skagway était un cauchemar (vent froid et pluie) et mon chien a beaucoup souffert aussi… Imaginez une petite rue touristique remplie par centaines de petites vieilles et de petits vieux américains qui découvrent l’Alaska pour la première fois et sont totalement obsédés par les clichés de la vie dans le Grand Nord. Et maintenant imaginez que vous vous promenez dans cette rue avec Husky… C’est comme de se promener avec Brad Pitt au bras !!! En l’espace de 15 minutes, je m’arrêtais environ 20 fois pour laisser des petits vieux caresser Mars, ou se faire prendre en photo avec lui. Quand on est rentré dans une banque pour aller au guichet automatique, un troupeau d’ados nous a suivis pour faire des câlins à Mars !! Bref, si mon chien avait un dollar pour chaque personne qui le harcelait, il aurait couvert les frais pour sa bouffe pour un an !

Après le vent, la pluie et les petites vieilles de Skagway, c’était bon de partir et de retourner au Yukon ! Évidemment, de l’autre côté de la frontière il faisait beau et les magnifiques paysages du White Pass nous attendaient dans les nuages. Au bas du White Pass un soleil radieux nous attendait et les lacs et les montagnes resplendissaient dans toute leur gloire. À Carcross on s’est baladé un peu et évidemment, il y avait l’arrêt inévitable du Désert de Carcross. C’était tout ce qu’il fallait pour faire le bonheur de Mars et le mien aussi !! On s’est amusés comme des fous dans le sable et le paysage, le soleil, le calme, tout était parfait…

De retour à Whitehorse, il nous restait que quelques jours, mais bien des choses à faire encore ! On a fait la rando à Fish Lake, où les couleurs automnales commençaient à se montrer. On a visité des amis on ne peut plus originaux. On a découvert comment c’est de vivre dans un tipi. On a visité la brasserie locale. Et peut-être, peut-être, j’ai fini par convaincre mes parents que la vie est belle et paisible au Yukon et que c’est bien difficile de ne pas être heureux ici !!