dimanche 28 octobre 2012

Yukon Road Trip - Part 3



Le départ de Haines s’est fait par la mer : on a pris le ferry pour remonter le Lynn Canal jusqu’à Skagway, Alaska. C’était une très belle petite croisière d’une heure et demie, agrémentée par une agréable petite brize maritime… À peine avait-on quitté Haines, le vent est devenu si fort que tout le monde est allé se réfugier à l’intérieur. Il ne restait que moi et un grand monsieur barbu à la proue du SS Malaspina. Le vent était si fort (je me tenais à la rambarde pour ne pas m’envoler) et si froid (mes doigts ont gelé en quelques secondes) qu’il était difficile de rester dehors, mais c’était si vivifiant !! Le monsieur et moi, on gelait, mais qu’est-ce qu’on s’amusait ! Malheureusement ça s’est terminé bien vite et tout le monde est ressorti pour profiter de la belle vue.

Arriver à Skagway par la mer en été, c’est intéressant… Skagway est une ville minuscule, faite uniquement de petites maisons à deux, maximum trois étages. Mais en été, chaque jour la ville est assaillie par des milliers de touristes qui arrivent à bord d’immenses bateaux de croisière. Quand on arrive par la mer, c’est la première chose qu’on voit : des monstrueuses villes flottantes. Durant notre court séjour à Skagway on a beaucoup flâné sur Broadway, LA rue touristique de la ville, on est allé prendre un verre au Red Onion Saloon, un ancien bordel, on est allé découvrir le Lower Dewey Lake et on a assisté à la Days of ’98 Show, un spectacle cabaret relatant l’histoire extraordinaire de Soapy Smith, un arnaqueur hors pair de l’époque de Gold Rush. Le spectacle était bien fait, mais évidemment c’est le personnage et son histoire qui rendent ce spectacle inoubliable ! Oui, et il y aussi le fait que je me suis fait trainer sur scène pour danser le cancan qui rend ce spectacle inoubliable (lire : traumatisant). 

Malheureusement, la météo à Skagway était un cauchemar (vent froid et pluie) et mon chien a beaucoup souffert aussi… Imaginez une petite rue touristique remplie par centaines de petites vieilles et de petits vieux américains qui découvrent l’Alaska pour la première fois et sont totalement obsédés par les clichés de la vie dans le Grand Nord. Et maintenant imaginez que vous vous promenez dans cette rue avec Husky… C’est comme de se promener avec Brad Pitt au bras !!! En l’espace de 15 minutes, je m’arrêtais environ 20 fois pour laisser des petits vieux caresser Mars, ou se faire prendre en photo avec lui. Quand on est rentré dans une banque pour aller au guichet automatique, un troupeau d’ados nous a suivis pour faire des câlins à Mars !! Bref, si mon chien avait un dollar pour chaque personne qui le harcelait, il aurait couvert les frais pour sa bouffe pour un an !

Après le vent, la pluie et les petites vieilles de Skagway, c’était bon de partir et de retourner au Yukon ! Évidemment, de l’autre côté de la frontière il faisait beau et les magnifiques paysages du White Pass nous attendaient dans les nuages. Au bas du White Pass un soleil radieux nous attendait et les lacs et les montagnes resplendissaient dans toute leur gloire. À Carcross on s’est baladé un peu et évidemment, il y avait l’arrêt inévitable du Désert de Carcross. C’était tout ce qu’il fallait pour faire le bonheur de Mars et le mien aussi !! On s’est amusés comme des fous dans le sable et le paysage, le soleil, le calme, tout était parfait…

De retour à Whitehorse, il nous restait que quelques jours, mais bien des choses à faire encore ! On a fait la rando à Fish Lake, où les couleurs automnales commençaient à se montrer. On a visité des amis on ne peut plus originaux. On a découvert comment c’est de vivre dans un tipi. On a visité la brasserie locale. Et peut-être, peut-être, j’ai fini par convaincre mes parents que la vie est belle et paisible au Yukon et que c’est bien difficile de ne pas être heureux ici !!


samedi 13 octobre 2012

Yukon Road Trip - Part 2



Après les merveilles du Nord et les folies de Dawson City, on est retournés à Whitehorse. Pour une nuit. Le 30 on a repris la route, cette fois vers l’ouest et vers le sud. On s’en allait vers Haines Junction et le magnifique Kluane Lake. À l’approche de Haines Junction, les majestueuses montagnes de la St Elias Range apparaissaient au loin, jusqu’à ce qu’on se trouve à leur pied à Haines Junction. De là, on a fait une petite excursion vers Kluane Lake, un lac que je ne me lasserai jamais de voir !

S’en est suivi la partie la plus palpitante pour moi de tout ce voyage : la route vers Haines, Alaska et la ville de Haines elle-même où je n’avais pas encore été. La route longeait d’abord les montagnes de la St. Elias Range. On avait les montagnes sur notre droite et des lacs sur notre gauche. Et puis la route s’est mise à grimper dans les montagnes jusqu’à ce qu’on soit dans la toundra et là, les paysages étaient absolument magnifiques ! Et on a eu la belle surprise de voir un ours noir se goinfrer de baies sur le bord de la route. Plus loin, sont apparues des montagnes couvertes de glaciers : la chaîne côtière. Et à partir de là, la route descendait vers Haines. Les arbres se faisaient de plus en plus grands et la vallée de plus en plus profonde, jusqu’à ce qu’on longe la Chilkat River dans le fond de la vallée. C’est là que notre deuxième belle surprise de la journée nous attendait… On s’est arrêté au bord de la route pour profiter d’un petit point de vue sur la rivière et sa vallée, quand on a aperçu une mère Grizzly et son petit dans la rivière ne train d’essayer d’attraper du saumon. Et soudain quatre autres Grizzlys sont apparus et des pygargues à tête blanche aussi ! Tous restaient là s’amusaient dans la rivière, attrapaient du saumon et ne se souciaient pas du tout de leurs spectateurs, c’était incroyable !!

On a continué à longer la rivière jusqu’à Haines, qui s’est avéré être une très belle petite ville alaskienne. Au motel la troisième belle surprise de la journée était la terrasse en bois avec vue imprenable sur le Lynn Canal. On a flâné, admiré cette charmante petite ville, visité le quartier historique et bien sûr profité du poisson et des fruits de mer frais, ainsi que de la bonne bière alaskienne !! Le jour suivant j’ai ressorti mon fouet et ai poussé mes pauvres parents à escalader une montagne… On est montés sur le Mt Riley, une petite montagne qui forme le prolongement de la presqu’île sur laquelle se trouve Haines. Le sentier nous menait à travers une superbe forêt pluvieuse (évidemment je trouve toutes les forêts superbes), nous narguait à trois reprises en nous faisant croire qu’on arrivait au sommet (très frustrant) et finalement nous amenait au sommet rocheux de la montagne en traversant une forêt de bonzaïs. De là-haut, la vue était époustouflante ! On était entre deux fjords qui se rejoignaient juste un peu plus au sud. On pouvait voir Haines sur sa presqu’île, toute la vallée de la Chilkat River, les montagnes couvertes de glaciers qui forment le fjord et le Lynn Canal. Même mon chien a aimé la vue ! En échange on se faisait battre par un vent fort armé d’une pluie glaciale en prenant notre lunch, c’était rafraîchissant.

Pour notre dernier jour à Haines, on est allé voir les pêcheurs à la Chilkoot River. Quels pêcheurs ? Des pêcheurs humains, ailés et poilus. Les poilus (les ours) ne se sont pas montrés, mais les pêcheurs ailés (aigles) et humains oui. C’était un beau spectacle ! Et finalement on a embarqués dans le ferry pour se rendre à Skagway, toujours en Alaska. Mais ça, je vous en parlerai la prochaine fois…  



mercredi 3 octobre 2012

Yukon Road Trip - Part 1



Vers la fin août, les choses ont finies par devenir un peu plus intéressantes (pas que je me plaigne de la vie paisible dans les bois…). Mes parents sont venus me visiter et évidemment, il ne leur restait pas d’autre choix que d’aller faire un road trip à travers le Yukon.

On a commencé par une visite de Whitehorse et de ses environs, histoire de prouver que ce n’est pas tant le bout du monde ici. Après tout, on allait le découvrir dans les semaines suivantes le vrai bout du monde. Le peu de gens et le coté rustique des choses ici ont été un peu dépaysant les premiers jours je crois, mais le Yukon fini par charmer tout le monde (ou presque) ! 

Après avoir visité Whitehorse, vu des saumons et des Huskys en masses, on a pris la route vers le nord. Oh oui, la première partie de ce road trip allait être le test ultime : plusieurs jours sur le Dempster, dont deux nuits en camping à la fin de la saison estivale. Mais personne n’a souffert d’engelures et il n’y a pas eu de mutinerie non plus, ouf ! On s’est promené dans le magnifique Tombstone Territorial Park, on a fait des beaux feux de camp et on a savouré les superbes paysages du Dempster à fond ! Un ours noir nous a fait le plaisir de se montrer le long de la route (rien de tel qu’un ours pour satisfaire les touristes européens !) et sur le Cercle Polaire, et bien il faisait froid (surprise !). 

De retour dans la civilisation, à Dawson City, on appréciait d’autant plus toutes les commodités qu’offre une belle petite ville touristique comme ça. Vous savez de quoi je parle, les musées et autres attractions, la bouffe, la boisson, les orteils humains imbibés d’alcool (ah non, attendez, c’est qu’il y a eu un désistement à ce niveau-là, j’attends encore de voir… moi je l’ai bu l’année passée mon Sourtoe Cocktail, vous vous souviendrez de l’orteil humain entre mes dents…) et surtout Diamond Tooth Gertie’s avec ses danseuses can-can et ses machines à sou et tables de black jack !!


dimanche 9 septembre 2012

L'été et Mars

Finalement, alors que l'automne est arrivé au Yukon, j'en arrive enfin à vous parler de mon été... Mais avant de vous parler de la partie la plus intéressante de mon été (les trois dernières semaines que j'ai passé sur la route), je voulais partager les plaisirs de la vie quotidienne au Yukon en été.

Quand on n'est pas en train de s'amuser à un des nombreux festivals de la région, que fait-on ? Pour ma part, je suis en forêt ! Il y a d'innombrables superbes randos à faire dans le coin et la forêt est pleine de choses délicieuses à cueillir. Les belles randos ont été nombreuses pour moi cet été et je n'ai jamais été aussi productive pour les tisanes, gelées et sirops. Avec toutes ces bonnes choses l'hiver sera bien plus vivable...

En août tout tournait autour de Mars... Et bien chez moi, c'est en juillet que tout tournait autour de Mars ! Mars, le plus mignon, le plus adorable de tous les chiens que j'ai adopté le 12 juillet dernier... Il a tout changé, mais je ne regrette rien !



samedi 21 juillet 2012

Atlin Arts and Music Festival 2012


Certains d’entre vous se souviennent peut-être encore, quand avant mon départ de l’Abitibi, je parlais d’une maison que je voulais absolument acheter dans un petit village dans le nord du BC nommé Atlin… Je regardais des photos de la maison et d’Atlin tous les jours, ou presque. La maison finalement c’est quelqu’un d’autre qui l’a achetée, mais c’est toujours pareil quand je vais à Atlin, je veux y acheter une maison et pas repartir…

Il y a deux semaines il y a eu l’Atlin Arts and Music Festival. Tout un weekend de paysages magnifiques, de superbe musique et de bonne humeur. La moitié du Yukon et la moitié de l’Alaska étaient au rendez-vous (et on commence à revoir les mêmes têtes, le monde est petit ici…). Au programme du festival beaucoup de bonne musique (David Grisman, David Lindley, Jim Hurst, entre autres), de la bonne bouffe, des ateliers d’art (j’ai appris à faire des paniers !!), des danseurs amérindiens et de la bièrrrrre ! Certes, la seule douche publique s’est brisée avant même que le festival ne commence (donc pas de douche pendant trois jours pour plusieurs centaines de personnes) et internet ne fonctionnait pas vraiment non plus (donc les guichets automatiques ne fonctionnaient pas non plus, donc pas d’argent à moins d’en avoir apporté !). Mais tout le monde s’est bien amusé et le fait d’être à un tel festival en plein milieu de nulle part avec près de 2 000 personnes, n’a que fait rendre l’évènement plus convivial !! Et pour couronner le tout, la faune s’est montrée peu timide ce weekend, mais voyez par vous-mêmes ! Et peut-être vous comprendrez pourquoi certains prétendent qu’Atlin est le plus bel endroit sur terre…


jeudi 12 juillet 2012

Quand l'été arrive...


Quand l’été arrive au Yukon… Oui, il arrive quand au juste ? Certains diront qu’il n’est pas encore arrivé, avec des températures entre 4°C et 15°C (moi, ça me va, vous savez à quel point j’aime la chaleur…), mais à en croire la végétation, l’été se tient au calendrier au Yukon…

À mon retour de Port Hardy à la fin du mois de mai, le printemps montrait le bout de son nez. Les bourgeons grossissaient, les premières petites feuilles sortaient et les crocus fleurissaient partout en forêt. Mais il a fallu attendre le solstice d’été pour que tout soit vert et que les fleurs d’été embellissent le paysage avec leurs magnifiques couleurs… Au mois de juin ce sont les lupins qui couvrent le sol forestier d’un beau bleu violet, puis fleurissent les roses sauvages, odorantes et magnifiques, puis le thé du labrador et bien d’autres encore. L’hiver ici est long et froid, mais quand l’été est là, la nature célèbre son arrivée avec une explosion de couleurs et de senteurs !

Les Yukonais, eux font simplement la fête. Les festivals d’été s’enchaînent tout le long de l’été à travers le territoire. À Whitehorse on a commencé avec le Kluane Mountain Bluegrass Festival. Pour cette occasion plus de 50 musiciens de tout le continent se sont rendus à Whitehorse et on a joué de la musique, dansé et chanté tout un weekend sous le soleil de minuit ! Quel festival !! Et quand on est bénévole dans la cuisine, on devient le meilleur ami de tous ces musiciens…




Comme d’habitude au Yukon, une saison ne se passe pas sans au moins un évènement plus ou moins apocalyptique… Dû aux grandes quantités de neige que nous a apporté l’hiver passé et aux fortes pluies printanières, la première semaine de juin TOUTES les routes qui connectent le Yukon avec le monde extérieur ont été détruites par des inondations et glissements de terrain. Pour plusieurs jours, nous étions coupés du monde extérieur et très vite, cela s’est fait remarquer dans les épiceries qui s’étaient fait dévaliser ! Plus de fruits et légumes, plus de pain, plus de produits laitiers, plus de papier toilette et bien d’autres choses encore ont manqué très vite. Deux épiceries ont fini par louer un gros avion pour faire livrer des vivres. Au bout d’une semaine, les routes étaient au moins partiellement ouvertes et la nourriture nous parvenait une fois de plus. Mais c’était encore le chaos… Les boîtes s’empilaient dans les rayons et il n’y avait pas de place ni assez de main de d’œuvre pour tout déballer. Bref, après toute cette histoire la ville de Whitehorse a distribué des dépliants à tous ces habitants, nous disant de toujours être préparés à tout genre de catastrophe et de toujours disposer de tout le nécessaire pour survivre pendant 72 heures… Alors la fin du monde peut arriver, ici on vivre au moins 72 heures de plus !

Avec l’été sont arrivées bien des belles choses, je l’ai déjà dit : la verdure, les fleurs, les festivals… Mais avec ces belles choses sont aussi arrivés des fléaux : les écureuils (qui ont décidé de construire un nid dans mon toit et qui après deux bonnes heures de death metal à plein volume ont changé d’avis), les fourmis (qui après s’être faites massacré par centaines ont décidé de ne plus me rendre visite dans ma cabane), les moustiques (qui me suivent partout où je vais et qu’aucun argument ne fait changer d’avis là-dessus), les araignées (qui persistent à me faire avoir des arrêts cardiaques sous la douche ou me levant le matin), les écureuils encore (qui me détestent maintenant et me réveillent tous les matins en galopant sur mon toit) et le soleil (qui ne se couche jamais et transforme la nuit en jour… on perd toute notion du temps et on rêve de noirceur, d’étoiles, de la lune et d’aurores boréales). Oui, oui, je sais ce que vous pensez, ça doit être terriblement dur les étés au Yukon ! Mais il y a bien des moyens pour survivre cette saison : on s’amuse à terroriser les écureuils, on se transforme en tapette à mouche vivante, on fait des activités de plein air à N’IMPORTE quelle heure et on pense à la noirceur interminable de l’hiver…