mercredi 3 octobre 2012

Yukon Road Trip - Part 1



Vers la fin août, les choses ont finies par devenir un peu plus intéressantes (pas que je me plaigne de la vie paisible dans les bois…). Mes parents sont venus me visiter et évidemment, il ne leur restait pas d’autre choix que d’aller faire un road trip à travers le Yukon.

On a commencé par une visite de Whitehorse et de ses environs, histoire de prouver que ce n’est pas tant le bout du monde ici. Après tout, on allait le découvrir dans les semaines suivantes le vrai bout du monde. Le peu de gens et le coté rustique des choses ici ont été un peu dépaysant les premiers jours je crois, mais le Yukon fini par charmer tout le monde (ou presque) ! 

Après avoir visité Whitehorse, vu des saumons et des Huskys en masses, on a pris la route vers le nord. Oh oui, la première partie de ce road trip allait être le test ultime : plusieurs jours sur le Dempster, dont deux nuits en camping à la fin de la saison estivale. Mais personne n’a souffert d’engelures et il n’y a pas eu de mutinerie non plus, ouf ! On s’est promené dans le magnifique Tombstone Territorial Park, on a fait des beaux feux de camp et on a savouré les superbes paysages du Dempster à fond ! Un ours noir nous a fait le plaisir de se montrer le long de la route (rien de tel qu’un ours pour satisfaire les touristes européens !) et sur le Cercle Polaire, et bien il faisait froid (surprise !). 

De retour dans la civilisation, à Dawson City, on appréciait d’autant plus toutes les commodités qu’offre une belle petite ville touristique comme ça. Vous savez de quoi je parle, les musées et autres attractions, la bouffe, la boisson, les orteils humains imbibés d’alcool (ah non, attendez, c’est qu’il y a eu un désistement à ce niveau-là, j’attends encore de voir… moi je l’ai bu l’année passée mon Sourtoe Cocktail, vous vous souviendrez de l’orteil humain entre mes dents…) et surtout Diamond Tooth Gertie’s avec ses danseuses can-can et ses machines à sou et tables de black jack !!


dimanche 9 septembre 2012

L'été et Mars

Finalement, alors que l'automne est arrivé au Yukon, j'en arrive enfin à vous parler de mon été... Mais avant de vous parler de la partie la plus intéressante de mon été (les trois dernières semaines que j'ai passé sur la route), je voulais partager les plaisirs de la vie quotidienne au Yukon en été.

Quand on n'est pas en train de s'amuser à un des nombreux festivals de la région, que fait-on ? Pour ma part, je suis en forêt ! Il y a d'innombrables superbes randos à faire dans le coin et la forêt est pleine de choses délicieuses à cueillir. Les belles randos ont été nombreuses pour moi cet été et je n'ai jamais été aussi productive pour les tisanes, gelées et sirops. Avec toutes ces bonnes choses l'hiver sera bien plus vivable...

En août tout tournait autour de Mars... Et bien chez moi, c'est en juillet que tout tournait autour de Mars ! Mars, le plus mignon, le plus adorable de tous les chiens que j'ai adopté le 12 juillet dernier... Il a tout changé, mais je ne regrette rien !



samedi 21 juillet 2012

Atlin Arts and Music Festival 2012


Certains d’entre vous se souviennent peut-être encore, quand avant mon départ de l’Abitibi, je parlais d’une maison que je voulais absolument acheter dans un petit village dans le nord du BC nommé Atlin… Je regardais des photos de la maison et d’Atlin tous les jours, ou presque. La maison finalement c’est quelqu’un d’autre qui l’a achetée, mais c’est toujours pareil quand je vais à Atlin, je veux y acheter une maison et pas repartir…

Il y a deux semaines il y a eu l’Atlin Arts and Music Festival. Tout un weekend de paysages magnifiques, de superbe musique et de bonne humeur. La moitié du Yukon et la moitié de l’Alaska étaient au rendez-vous (et on commence à revoir les mêmes têtes, le monde est petit ici…). Au programme du festival beaucoup de bonne musique (David Grisman, David Lindley, Jim Hurst, entre autres), de la bonne bouffe, des ateliers d’art (j’ai appris à faire des paniers !!), des danseurs amérindiens et de la bièrrrrre ! Certes, la seule douche publique s’est brisée avant même que le festival ne commence (donc pas de douche pendant trois jours pour plusieurs centaines de personnes) et internet ne fonctionnait pas vraiment non plus (donc les guichets automatiques ne fonctionnaient pas non plus, donc pas d’argent à moins d’en avoir apporté !). Mais tout le monde s’est bien amusé et le fait d’être à un tel festival en plein milieu de nulle part avec près de 2 000 personnes, n’a que fait rendre l’évènement plus convivial !! Et pour couronner le tout, la faune s’est montrée peu timide ce weekend, mais voyez par vous-mêmes ! Et peut-être vous comprendrez pourquoi certains prétendent qu’Atlin est le plus bel endroit sur terre…


jeudi 12 juillet 2012

Quand l'été arrive...


Quand l’été arrive au Yukon… Oui, il arrive quand au juste ? Certains diront qu’il n’est pas encore arrivé, avec des températures entre 4°C et 15°C (moi, ça me va, vous savez à quel point j’aime la chaleur…), mais à en croire la végétation, l’été se tient au calendrier au Yukon…

À mon retour de Port Hardy à la fin du mois de mai, le printemps montrait le bout de son nez. Les bourgeons grossissaient, les premières petites feuilles sortaient et les crocus fleurissaient partout en forêt. Mais il a fallu attendre le solstice d’été pour que tout soit vert et que les fleurs d’été embellissent le paysage avec leurs magnifiques couleurs… Au mois de juin ce sont les lupins qui couvrent le sol forestier d’un beau bleu violet, puis fleurissent les roses sauvages, odorantes et magnifiques, puis le thé du labrador et bien d’autres encore. L’hiver ici est long et froid, mais quand l’été est là, la nature célèbre son arrivée avec une explosion de couleurs et de senteurs !

Les Yukonais, eux font simplement la fête. Les festivals d’été s’enchaînent tout le long de l’été à travers le territoire. À Whitehorse on a commencé avec le Kluane Mountain Bluegrass Festival. Pour cette occasion plus de 50 musiciens de tout le continent se sont rendus à Whitehorse et on a joué de la musique, dansé et chanté tout un weekend sous le soleil de minuit ! Quel festival !! Et quand on est bénévole dans la cuisine, on devient le meilleur ami de tous ces musiciens…




Comme d’habitude au Yukon, une saison ne se passe pas sans au moins un évènement plus ou moins apocalyptique… Dû aux grandes quantités de neige que nous a apporté l’hiver passé et aux fortes pluies printanières, la première semaine de juin TOUTES les routes qui connectent le Yukon avec le monde extérieur ont été détruites par des inondations et glissements de terrain. Pour plusieurs jours, nous étions coupés du monde extérieur et très vite, cela s’est fait remarquer dans les épiceries qui s’étaient fait dévaliser ! Plus de fruits et légumes, plus de pain, plus de produits laitiers, plus de papier toilette et bien d’autres choses encore ont manqué très vite. Deux épiceries ont fini par louer un gros avion pour faire livrer des vivres. Au bout d’une semaine, les routes étaient au moins partiellement ouvertes et la nourriture nous parvenait une fois de plus. Mais c’était encore le chaos… Les boîtes s’empilaient dans les rayons et il n’y avait pas de place ni assez de main de d’œuvre pour tout déballer. Bref, après toute cette histoire la ville de Whitehorse a distribué des dépliants à tous ces habitants, nous disant de toujours être préparés à tout genre de catastrophe et de toujours disposer de tout le nécessaire pour survivre pendant 72 heures… Alors la fin du monde peut arriver, ici on vivre au moins 72 heures de plus !

Avec l’été sont arrivées bien des belles choses, je l’ai déjà dit : la verdure, les fleurs, les festivals… Mais avec ces belles choses sont aussi arrivés des fléaux : les écureuils (qui ont décidé de construire un nid dans mon toit et qui après deux bonnes heures de death metal à plein volume ont changé d’avis), les fourmis (qui après s’être faites massacré par centaines ont décidé de ne plus me rendre visite dans ma cabane), les moustiques (qui me suivent partout où je vais et qu’aucun argument ne fait changer d’avis là-dessus), les araignées (qui persistent à me faire avoir des arrêts cardiaques sous la douche ou me levant le matin), les écureuils encore (qui me détestent maintenant et me réveillent tous les matins en galopant sur mon toit) et le soleil (qui ne se couche jamais et transforme la nuit en jour… on perd toute notion du temps et on rêve de noirceur, d’étoiles, de la lune et d’aurores boréales). Oui, oui, je sais ce que vous pensez, ça doit être terriblement dur les étés au Yukon ! Mais il y a bien des moyens pour survivre cette saison : on s’amuse à terroriser les écureuils, on se transforme en tapette à mouche vivante, on fait des activités de plein air à N’IMPORTE quelle heure et on pense à la noirceur interminable de l’hiver…

mardi 5 juin 2012

Port Hardy


Quelques jours après mon petit voyage à Skagway, AK, on peut dire que l’été à réellement commencé pour moi (malgré la neige…). J’ai quitté ma jobbe de barista chez Starbucks, j’ai fait mes valises et me suis envolée vers le « sud » ! Ce n’est pas que Starbucks paie si bien que je pouvais soudainement me payer des vacances au Mexique, c’est que je suis retournée travailler sur le terrain. La saison d’exploration avait enfin commencée et elle avait bien commencée : je me suis rendue à Port Hardy sur l’île de Vancouver où j’étais logée dans une belle grande maison avec vue sur la mer et Jacuzzi (avec vue sur la mer, cela va de soi). Les pygargues à tête blanche virevoltaient devant nos fenêtres et les locaux tournaient en rond devant notre porte ! Les nouvelles courent vite dans cette petite ville et la population étant majoritairement masculine, la présence de trois jeunes femmes  (et oui, notre équipe d’exploration était majoritairement constituée de femmes) ne passait pas inaperçue (des jeunes hommes tout à fait galants venaient frapper à notre porte pour nous inviter à des soirées, des promenades…).

Mais parlons travail… En gros, on passait nos journées à prospecter pour des métaux précieux dans les montagnes autour de Port Hardy. La prospection, c’est comme une chasse aux trésors, c’est palpitant ! On cherche, on échantillonne, on cherche, parfois sans trouver pendant des heures ou des jours et là, tout d’un coup on regarde une roche et on y trouve des minéraux indicateurs de présence de métaux. C’était quatre semaines de prospection dans les montagnes boisées autour sur le nord de l’Île. On travaillait sous le soleil, la neige, la grêle et surtout la pluie, la pluie, la pluie ! On traversait des coupes à blanc et des « forêts vierges », on suivait des ruisseaux qui se transformaient en torrent dans le fond d’un canyon et on escaladait des parois rocheuses, on faisait du « tronc-en-tronc » et on nageait (littéralement) dans les buissons de salal (le salal devient tellement dense et haut, quand on le traverse, on nage et on s’accroche désespérément aux branches parce que le sol est à un mètre ou plus sous nos pieds…) et oh oui, on restait coincé dans le bush. La forêt pluvieuse, c’est dense et c’est tout pour donner des accès de panique à tout claustrophobe qui s’y aventure !

Pendant ces quatre semaines on vivait dans notre belle grande maison à Port Hardy et tous les matins on partait sur le terrain avec notre gros pickup et on rentrait le soir, chargés de roches (et oui, là ce n’est pas une blague, on se promenait avec des pierres dans nos sacs !) et d’échantillons de sol ou de sédiments. Binx nous accueillait joyeusement tous les soirs et on avait l’impression de rentrer à la maison. Sur le terrain évidemment on a eu plusieurs petites aventures : des plats, des rencontres avec des camions chargés de bois énormes et des démonstrations de choses à éviter manquées (Sylvie, la biologiste de service explique à tout le monde à quel point il est important d’éviter de toucher le Devil’s club aux épines toxiques, première chose que je fais c’est passer tout droit à travers un buisson de Devil’s club en prenant une branche dans chaque main et en me faisant frapper par une troisième branche à travers le visage). Bien sûr, il y a aussi eu des ours, c’était inévitable et j’ai eu le plaisir d’enfin comprendre tout l’intérêt d’éviter les oursons… Si vous n’avez pas encore eu le privilège de voir une maman ours furieuse vous charger, croyez-moi, ça fait peur !

Le voyage en hydravion, la belle grande maison, le jacuzzi, l’adorable Binx, la mer, les lions de mer, la forêt pluvieuse, les pygargues à tête blanche, les ours, toutes nos petites aventures, mes collègues et tout ce que j’ai appris sur la géologie, auront fait de ce voyage une superbe et inoubliable expérience !! Et pourtant j’étais heureuse de retrouver mon Yukon où le printemps montrait enfin son bout de nez quand je suis arrivée il y a 10 jours…

jeudi 10 mai 2012

Skagway !


Depuis mon arrivée au Yukon, j’attendais avec impatience le moment où je pourrais enfin visiter l’Alaska et ce moment-là est arrivé ! À la fin du mois d’avril j’ai finalement fait ma première excursion en Alaska depuis ce fameux 13 août 2011 où je suis devenue résidente permanente du Canada, à la traversée de la frontière de Stewart, BC et Hyder, AK.

À la fin avril, le printemps s’était installé au Yukon. Depuis quelques semaines le soleil faisait fondre la neige à vue d’œil et le temps des excursions et des voyages était arrivé. C’est un dimanche matin que Caroline et moi nous sommes mises en route pour une dernière aventure ensemble avant son retour en France. On s’est rendues à Skagway, AK, célèbre ville du Gold Rush, juste au sud de Whitehorse.

La route nous a menées à travers la belle région de Carcross et sur le White Pass, un célèbre passage dans les montagnes côtières. À près de 1 000 mètres d’altitude, le White Pass était une des deux routes utilisées par les chercheurs d’or qui arrivaient en bateau à Skagway et se rendaient au Yukon (l’autre étant le célèbre Chilkoot Trail). Il y a 100 ans ce passage était contrôlé par des brigands et des arnaqueurs (dont le célèbre « Soapy » Smith) qui profitaient de l’ignorance des « cheechakos », les nouveaux arrivants au Klondike. Aujourd’hui c’est la seule route qui permet de rejoindre Skagway par voie terrestre. Après le printemps à Whitehorse, on retrouvait l’hiver sur le White Pass, qui mérite bien son nom : d’énormes masses de neige jusqu’à perte de vue et des murs de neige de 2 à 3 mètres de haut au bord de la route. Et au milieu de cet océan de neige ce trouvait la petite douane canadienne. Après plusieurs kilomètres de « no man’s land », on arrivait en Alaska. Il ne restait plus qu’à descendre une longue et étroite route qui menait à Skagway en serpentant dans la profonde vallée.

Skagway a été fondée en 1897, lorsque le Klondike Gold Rush a débuté. C’est ici que les chercheurs d’or arrivaient par centaines à bord de bateaux provenant de San Francisco et de là, ils partaient sur le White Pass ou sur le Chilkoot Trail pour se rendre dans le Yukon, le « Klondike ». Tout comme Dawson et d’autres « gold rush towns », Skagway n’a pas beaucoup changé depuis cette glorieuse époque : trottoirs en bois, vieilles maisons en bois style « boom-town ». Bref, on se croirait en coulisse de film ! Mais tout est réel, des gens vivent ici à l’année longue (de 700 à 900 habitants actuellement, mais comparé aux 8 000 à 10 000 habitants en 1898, c’est pas grand-chose !) et en été ça grouille de touristes (près d’un million de touristes par année !!). On y trouve encore de vieilles « publicités » peintes sur des falaises, le puissant train qui se frayait un chemin à travers les profondeurs de neige et de glace du White Pass, le Red Onion Saloon bar et principal bordel à l’époque et bien d’autres choses qui font croire à un voyage dans le passé.

Mis à part son histoire, Skagway est intéressante aussi pour ses paysages : la ville étant située dans un des nombreux fjords de la Côte Ouest. On y trouve la forêt pluvieuse, les vastes et profondes eaux du fjord entourées par les sommets enneigés des montagnes côtières et l’air pur et frais de la mer. Alors on a profité : on a fait de la rando, visité la ville et bien sûr on est allées prendre une bière au Red Onion Saloon ! Et on a passé une belle soirée avec des locaux qui nous ont fait découvrir les difficultés d’une vie dans une ville qui est souvent coupée du reste du monde en hiver… Et comme pour m’aider à comprendre cela, le White Pass a lâché une tempête de neige sur moi à mon retour vers Whitehorse !